parution janvier 2021
ISBN 978-2-88927-822-0
nb de pages 144

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Max Lobe

La Promesse de sa Phall'Excellence

résumé

AcaDa-Writa est le raconteur d’histoires de la république de Crevetterie. Pilier de bar, il trompe l’attente du peuple crevettard avec sa panoplie de fables. Dans sa tête, le fou occupe beaucoup de place. Et se manifeste sans crier gare, s’emparant de la bouchanus de son hôte pour réclamer l’avènement du Grand Jour que tout le monde attend, celui où Sa Phall’Excellence et Sa Clith’Altesse apparaîtront devant le peuple pour lui accorder sa part de richesse. Mais seuls les percepteurs de l’impôt royal toquent aux portes des habitants pour leur soutirer leur bien le plus intime et précieux.

Dans une langue pleine de fulgurances, Max Lobe façonne l’univers tyrannique et carnavalesque de La Promesse de sa Phall’Excellence.

biographie

Né à Douala en 1986, Max Lobe grandit dans une famille de sept enfants. Il arrive en Suisse à l’âge de 18 ans, deux ans après l’obtention de son Bac. À Lugano, il suit des études de Communication et journalisme. Passionné d’histoire et de politique, il suit un Master en Politique et Administration publique à l’Institut des Hautes Etudes en Administration Publique de Lausanne. Il est établi aujourd’hui à Genève. Ses textes, tous publiés aux éditions Zoé, comprennent notamment 39 Rue de Berne (2013), Confidences (2016, Prix Amadou Kourouma 2017), ou encore La Promesse de sa Phall'excellence (2021).

S'inspirant de la littérature traditionnelle africaine ainsi que des réalités de l'immigration en Suisse, Max Lobe traite des thématiques comme l'homophobie, la religion, la violence et de la situation des personnes sans-papiers.

Transfuge

"Chez le natif de Douala, Max Lobe, la langue se branche partout – au corps, au sexe –, elle se court-circuite, se réinvente en permanence, pour une corrosive satire rabelaisienne. Décidément, la littérature n’est pas neutre !" Damien Aubel

Radio Vostok

"Inspiré par une résidence d’artiste à New York, Max Lobe raconte avec humour ses impressions de la mégapole, qui l’a nourri pour son dernier roman. Avec un style unique, un plaisir à jouer avec la langue, il n’hésite pas à inventer des mots pour exprimer au plus juste ses idées et son histoire. Un univers où la grivoiserie est reine."

Max Lobe, invité de Lola sur Radio Vostok, une émission à réécouter ici

RTS - La 1ère

"La Promesse de Sa Phall’Excellence est un véritable chant. Quand on y colle les yeux c’est tout le corps qui devient caisse de résonnance, la langue utilisée est tout à la fois nouvelle, première même, et singulière. On lâche le livre seulement pour reprendre son souffle et très vite on y retourne."

Max Lobe, invité de Céline O'Clin dans l’émission « A l’abordage », à écouter ici

RTS - La 1ère

« Pour la première fois, l'écrivain Max Lobe rencontre le photographe Denis Ponté. »

Une émission de Pauline Vrolixs à écouter en entier ici

TV5 Monde - 300 millions de critiques

"Ce livre est un jaillissement, une explosion où Max Lobe se réapproprie le langage pour lutter contre le pouvoir en place."

La Promesse de Sa Phall’Excellence, au cœur de la discussion de l’émission « 300 millions de critiques » à réécouter ici

L'Echo Magazine

"Une fable jouissive"

"Max Lobe n’a pas sa langue dans sa poche. Il la rend désormais charnue, pulpeuse, plantureuse au besoin ! Son verbe chamarré et sa ribambelle de trouvailles langagières emmènent le lecteur dans un voyage carnavalesque où l’absurde est l’autre patronyme de l’autocratie. Sa fable satirique vise un pays africain, le Cameroun des Biya, mais pas seulement.

Dans La Promesse de Sa Phall’Excellence, l’oralité est licencieuse, les onomatopées ragoutantes et les néologismes orgiaques. Rabelais aurait adoré ! Et reconnu un de ses dignes fils spirituels, émancipé, facétieux, sensé malgré les folies de ses pairs humains. La francophonie a trouvé en Max Lobe une épatante raison de croire en la puissance de notre langue commune, revigorée aussi bien par le plaisir naturel de la bâtardise que par l’appétit insatiable de liberté – deux étendards au nom desquels ce flibustier tropicaliste des Pâquis fait pleurer de rire." Thibaut Kaeser

L'Humanité

"Max Lobe met en boîte le Cameroun dictatorial avec une verve rabelaisienne qui fait tout le prix de l’esprit de satire.

Il faut se jeter à corps perdu dans ce texte bref, intempestif et dissonant. (…) La langue de Max Lobe (né à Douala, il vit en Suisse depuis l’âge de 18 ans), projetée comme l’obus sort du canon, tord le français d’apprentissage, le tropicalise, le stoppe net et le gave sans merci d’autres possibilités étonnantes au sens fort. (…)

Ce roman violemment satirique brasse les « bouchanus » d’une flopée de personnages et brocarde à tout-va un Cameroun à peine méconnaissable, avec son président Père Ubu inamovible au pouvoir depuis quarante ans, sa liberté d’opinion sans cesse bafouée, ses polices spéciales du genre tape dur. La langue, encolérée, se venge enfin des bâillons. Un peuple infantilisé sort alors de ses gonds. Les ressources spoliées par les colons d’hier et d’aujourd’hui explosent entre les mains de tout un chacun. La partition orale est inouïe : onomatopées, invectives, fornication d’expressions, compositions horrifiques propres à bafouer la compréhension immédiate, mots en anglais, italien, bassa, néologismes en rafales, ébauches barbares et spontanées, argot de Douala... Amateur de Ramuz et grand lecteur des romanciers africains des dictatures ainsi que de leurs homologues latino-américains, Max Lobe a également lu Rabelais, et l’on peut éprouver dans ce roman, avec grand bonheur, le même appétit goinfre pour une langue à l’invention constamment déchainée." Muriel Steinmetz

Quinzaines

"Avec son cinquième roman, l’écrivain suisse d’origine camerounaise plonge dans une farce outrancière marquée par une langue d’inspiration rabelaisienne."

Le Matin Dimanche

"La Promesse de Sa Phall’Excellence est une fable satirique jouissive, un ovni littéraire ubuesque et carnavalesque revisitant une tyrannie contemporaine, celle du président du Cameroun Paul Biya et son épouse Chantal, connue pour sa passion des perruques extravagantes. À lire non seulement entre les lignes, mais comme une expérience poétique unique et inspirante." Isabelle Falconnier

La Tribune de Genève

"Max Lobe ajoute à sa bibliographie ce mince volume tellement bourré de mots inventés qu’on pourrait craindre qu’il n’explose. Un récit haut en couleur, impossible à résumer ou même à décrire. Le romancier s’est octroyé la liberté d’user d’une langue faite pour l’oralité, ou même pour la danse suggère-t-il (…).

Contrairement à mon précédent livre, « Loin de Douala », « Sa Phall’Excellence » n’offre pas un récit. C’est un millefeuille d’idées destinées à répondre à la question « comment parvenir à douter du pouvoir imposé ? » Ce doute passe par celui de la langue utilisée pour installer la tyrannie. C’est pourquoi il m’a paru important ici de bousculer la langue, de la refaire."

Un entretien de Max Lobe par Benjamin Chaix à lire en entier ici

Viceversa Littérature

"Il nous avait habitués, dans sa prose, à une écriture multilingue faisant la part belle aux emprunts, à l’oralité et aux métaphores percutantes. Avec La Promesse de Sa Phall’excellence, il dessine une fable gouailleuse, dont le style grouille d’inventivité et révèle une grande virtuosité langagière. (…)

Ce serait restreindre toute la puissance du texte de n’y lire qu’une dénonciation de la tyrannie politique. L’écrivain en effet se joue également d’une tyrannie de la langue en la tordant, en la bousculant et en la ciselant pour la faire sienne, pour lui faire dire ce qu’il veut. (…)

La Promesse de sa Phall’excellence est l’occasion d’une expérience de lecture jouissive et ludique, et il serait difficile, une fois le livre refermé, de ne pas céder à l’invitation joyeuse de l’écrivain : quand le langage ne suffit pas, il faut inventer ses propres mots."

Une chronique d’Ami Lou Parsons à lire en eniter ici

Vigousse

"Se réclamant du réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez, de Ramuz, de Rabelais, Max Lobe s’affranchit des contraintes narratives pour laisser courir librement sa plume. (…) Pour qui parvient à flotter sur les courants ascendants, l’ivresse est délicieuse." Stéphane Babey

RTS - La 1ère

"Max Lobe joue avec les langues françaises : le français académique, le français parlé dans les rues de Genève, dans celles de Yaoundé. A tout ça, il ajoute sa patte d’écrivain et de poète, il tricote, invente des mots et des expressions de son cru, c’est un feu d’artifice créatif, une langue vraiment jouissive qu’on a envie de lire à haute voix. La farce s’inspire de personnes réelles pour en faire des figures universelles de pouvoir autoritaire, des caricatures, forcément obscènes. Une expérience à vivre et qui vaut le coup !"

Lisbeth Koutchoumoff dans "Le Trio", à réécouter ici

Le Courrier

« Révolution littéraire »

"Empruntant la liberté littéraire des plus grands auteurs africains, Max Lobe mâtine son propos politique d’une langue audacieuse, jubilatoire, qui s’arroge tous les droits : onomatopées, exagérations, néologismes, oralité. De quoi, il est vrai, dérouter certains lecteurs qui ne goûteront pas au fait de se perdre, et pourront s’offusquer d’un vocabulaire très sexué omniprésent. Pour autant, pour qui veut lire entre les lignes et aime à se laisser surprendre, ce texte est une pure ode à la francophonie." Amandine Glévarec

Libération

"Avec sa coiffure afro impeccable et ses souliers lustrés, Mista AcaDa-Writa pourrait passer pour un sapeur avec un pois chiche dans le cerveau. Mais pas du tout, c’est lui notre guide éclairé dans cette dictature de fiction, créée par l’écrivain d’origine camerounaise Max Lobe, établi depuis l’âge de 18 ans en Suisse. Dans ce cinquième roman publié par Zoé, l’auteur fait preuve d’une grande invention langagière, rabelaisienne, un bon coup de pied aux fesses des administrateurs coloniaux, inventeurs par anticipation obtuse du langage « petit nègre ». Pas de lexique dans ce roman. Le lecteur devra se laisser emporter par le flot de mots. A la fin, il parlera couramment le maxlobien.

On ne fait pas que boire et « chikungunier de la bosse fessue » chez Lobe. Une vraie dramaturgie est à l’œuvre."

Un article de Frédérique Fanchette à lire en entier ici

RTS - Culture

"Max Lobe, le plus suisse des écrivains africains, publie un texte bref et incisif en forme de satire. Avec une inventivité langagière radicale, l’écrivain y dégomme l’autocratie vieillissante du régime camerounais. Y résonne un sur-rire libérateur."

Max Lobe était l’invité de Jean-Marie Félix sur RTS – Culture. une émission à réécouter ici

RFI

"Une orgie de mots, de sons et de sens, des fulgurances absolument magnifiques !"

Max Lobe était l’invité de Pascal Paradou dans l’émission « De Vive(s) Voix ». à réécouter ici

Le Temps

"La Promesse de Sa Phall’Excellence est une farce politique. Farce, parce que le nouveau roman de Max Lobe choisit à dessein l’exagération et l’outrance. Politique, parce que le fracas du rire est de façon générale le meilleur révélateur des débordements du pouvoir et qu’il joue ici exactement ce rôle. D’autres ingrédients s’ajoutent encore à cet objet littéraire qui est comme une fanfare à lui tout seul, un défilé de carnaval pétaradant, une bourrasque de folie verbale et musicale. Il y a du fantastique qui s’immisce de-ci de-là avec des objets qui pensent et qui parlent, des nuages de pollution qui ne sont pas noirs mais rose bubble gum. Il y a un climat de rêverie, de suspension du cours normal des choses, cet état qui permet de voir le monde en face.

Pour dire le Cameroun, pour dire son président en place depuis bientôt quarante ans, pour dire l’absence de liberté d’opinion, pour dire les polices spéciales qui traquent tout ce qui ne file pas droit, pour dire la spoliation des ressources du pays, pour dire l’infantilisation débilitante de la population, pour dire la complicité goguenarde des colons, anciens et nouveaux, Max Lobe invente une langue.

(…) Il faut se laisser tomber dans le texte comme on entre dans un bain à bonne température et lâcher prise. Le plaisir est redoutable. Plus on avance dans la lecture et plus on parle, en soi-même, cette langue romanesque dont plusieurs tournures restent en bouche après avoir refermé le livre. Certains lecteurs peuvent rester à quai, déboussolés. Pour notre part, on a immédiatement rejoint le cortège de personnages, de voix plutôt, tellement ici tout est dans le verbe."

Un article de Lisbeth Koutchoumoff à lire en entier ici

Le Matricule des anges

"C’est le livre le plus intelligent et le plus obscur – obscurci, plus exactement – qui parle de la dictature, cette nuit des mots et des consciences « déphallanussant » les humains, les broyant, les rapetissant jusqu’à ce qu’ils aient « perdu tout jusqu’au souvenir du dernier Barbenculage ». Un diamant noir, signé Max Lobe, auteur discret autant qu’iconoclaste. (…)
Tout y est, tout est dit : dans une langue faite d’images, de cris, d’onomatopées, tellement chahutée, cette langue, tellement inventée, qu’elle en devient par moments inaudible, Max Lobe raconte l’ordinaire carnaval d’une dictature africaine aujourd’hui et la résistance spontanée, charnelle, spirituelle des gens du peuple. [Un] écrivain audacieux". Catherine Simon

Le Regard Libre

"Une dénonciation tonitruante du totalitarisme s’allie à une jouissance de la langue et des corps. (…) Une orgie littéraire qui s’assume comme telle et qui regorge de symboles."

Un article de Jonas Follonier à lire en entier ici

La librairie francophone (RTS - La 1ère ; France Inter)

Thomas Auxerre (Librairie L’Amandier) : « Ce livre m’a bousculé, il est complètement déglingo, c’est une pépite d’écriture et de trouvailles. À conseiller à tous ceux qui pensent que la langue française est un peu figée. »
 
Katia Courteau (Librairie Le Port de Tête) : « Max Lobe, vous m’avez permis une expérience de lecture que j’attendais depuis Beckett. Votre langage halluciné, truculent, désopilant, une force évocatrice, a mis mon cerveau en ébullition. J’ai plongé dans votre livre comme on entre dans un recueil de poésie. Ça demande un abandon, c’est vrai, mais quel voyage ! »

Max Lobe dans "La Librairie Francophone" : à réécouter ici

ArcInfo

"Max Lobe revient avec un texte à l’oralité exaltante, d’une grivoiserie étonnante, pour un univers unique et des personnages truculents."

Un entretien de l'auteur avec Laurence de Coulon à lire en entier ici

VSD

"Dans une langue décoiffante d’inventivité, voici les fables racontées par Mista AcaDa-Writa au bar d’Uncle Godblessyou, en république de Crevetterie. Accrochez-vous."

Afrique Magazine

"Il la malaxe, la triture, l’étire, l’assaisonne. Déliée, épicée, mijotée, la langue de Max Lobe atteint, dans ce roman, une saveur inattendue et décalée. Un goût corsé où les sonorités, l’oralité et la poésie s’entremêlent pour servir une intrigue cocasse, sensuelle, et un propos acéré, affranchi. Sa recette ? Une vision artisanale du métier d’écrivain et une intimité arrangeante avec la langue parlée. (…) Vingt chapitres, pétris de réalisme magique et de fables érotiques, où l’humour, la truculence et l’audace n’en finissent pas de surprendre. (…) À la fois réjouissant et instructif, le one-man- show rythmé et percutant du conteur anticonformiste vient aussi servir le regard acéré que l’écrivain camerounais pose sur son époque. Sans faux-semblants." Catherine Faye

Arbre à lettres Bastille

"La langue de Max Lobe est un voyage à elle seule!" Laura Picro

Le Port de tête

"Max Lobe, vous m’avez permis une expérience de lecture que j’attendais depuis Beckett. Votre langage halluciné, truculent, désopilant, une force évocatrice, a mis mon cerveau en ébullition. J’ai plongé dans votre livre comme on entre dans un recueil de poésie. Ça demande un abandon, c’est vrai, mais quel voyage !" Katia Courteau

L'Amandier

"Ce livre m’a bousculé, il est complètement déglingo, c’est une pépite d’écriture et de trouvailles. À conseiller à tous ceux qui pensent que la langue française est un peu figée. Ils vont être surpris. Il faut se laisser aller dans cette « nove langue » travaillée mais pas gratuite. Même si par moment j’ai été un peu submergé, ce n’est pas grave, c’est luxuriant, c’est déroutant, j’ai été autant perdu que j’ai apprécié." Thomas Auxerre

Loin de Douala (2022, Zoé poche)

Loin de Douala

Jean et Simon sauront-ils retrouver Roger ? Ce dernier a fui une mère colérique pour courir après son rêve, devenir une star du football. Quitter Douala, passer par le Nigeria pour gagner l’Europe : dans le jargon, on appelle ça boza. Loin de Douala nous entraine au cœur des péripéties initiatiques des deux jeunes garçons vers le nord du Cameroun, région à la nature somptueuse, quoique sinistrée par le groupe Boko Haram. Entre gravité, urgence et légèreté, Max Lobe excelle à restituer les atmosphères qui règnent dans la rue, les trains, les commissariats de police ou les bars mal famés.

Confidences (poche) (2021, Zoé poche)

Confidences (poche)

De retour au pays, Max Lobe est parti dans la forêt bassa rencontrer la vieille Mâ Maliga pour qu’elle lui raconte ce qu’elle sait du mouvement de l’indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Confidences est le récit de cette femme volubile et espiègle, qui a vécu dans sa chair la résistance contre la puissance coloniale. En racontant, elle n’oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur. C’est donc avec un mélange de légère ivresse et de profonde gravité que le lecteur découvre l’histoire de l’indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée.

Préface d'Alain Mabanckou

Loin de Douala

Le petit Jean, un pied encore dans l’enfance un autre dans l’adolescence, et le grand Simon sauront-ils retrouver Roger ? Ce dernier a fui une mère injuste et colérique pour courir après un rêve, devenir une star du football. Partir de Douala, suivre la filière clandestine afin de sortir du pays, passer par le Nigeria pour finir en Europe : cela s’appelle faire « boza ».

Les péripéties de Jean et Simon aux trousses de Roger ont tout du voyage initiatique : ils découvrent le nord du Cameroun, une région à la nature somptueuse mais sinistrée par Boko Haram et la pauvreté, goûtent aux fêtes, mais Jean se confronte aussi à l’éloignement d’avec la mère, à l’apprentissage du manque et d’une identité sexuelle différente.

Max Lobe, avec sa gouaille et son humour, excelle à donner la parole à ses personnages, à restituer les atmosphères qui règnent dans la rue, les trains, les commissariats de police, les marchés ou les bars mal famés.

39 rue de Berne (poche) (2017, Zoé poche)

39 rue de Berne (poche)

Habitant avec sa mère Mbila la rue de Berne, Dipita jette un regard vif et joyeux sur ce quartier chaud de Genève. C’est là qu’à 16 ans, Mbila, arrivée du Cameroun, a été brutalement projetée dans la prostitution. Depuis, elle se débrouille et raconte sa vie à Dipita, qui aime l’écouter ; il aime aussi son oncle resté au pays, même si c’est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Mais c’est l’univers exclusivement féminin des prostituées du quartier qu’il aime par-dessus tout, leurs commérages, leur générosité et leur tolérance.

Dans une langue très colorée et vivante, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papiers que les paradoxes et les souffrances d’un tout jeune homme noir et homosexuel.

Découvrir le roman en vidéo ici

 

Confidences

Max Lobe est retourné chez lui. Il est allé dans la forêt camerounaise rencontrer Ma Maliga pour qu’elle lui raconte ce qu’elle sait du mouvement de l’indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Le roman est le récit de Ma Maliga, femme vive et espiègle malgré son âge bien avancé, volubile, généreuse, digressive, dotée d’un bon sens stupéfiant. En racontant, elle n’oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur. C’est donc avec un mélange de légère ivresse, en tout cas une grande allégresse, et de profonde gravité, que le lecteur découvre l’histoire de l’indépendance du Cameroun et sa guerre cachée. 

 
 
La Trinité bantoue

Mwána vit dans un pays au cœur de l’Europe, avec ses cousins blancs qu’il connaît bien. Certains parmi eux sont décidés à chasser les moutons noirs de leur territoire. La traque est lancée, les esprits s’échauffent. C’est dans ce contexte que Mwána cherche un emploi. Et rien n’est gagné.

Le jour où il décide de dépenser ses derniers centimes pour entendre la voix de sa mère restée là-bas, au Bantouland, sa vie se fige dans une parenthèse douloureuse. Mwána ne la reconnaît plus. Ah Nzambé ! Il traverse des moments cailloux dont il sait malgré tout savourer le sel. Grâce à son esprit vif et profondément joyeux, grâce à Ruedi le rouquin, à Madame Bauer la passionaria, ou encore grâce à Kosambela, sa sœur très catholique.

 

Avec La Trinité bantoue, Max Lobe précise et approfondit cette écriture inventive, chatoyante et visuelle initiée dans 39, rue de Berne qui l’a révélé comme un auteur prometteur.

39 rue de Berne

A 16 ans, la mère de Dipita atterrit du Cameroun en Europe, où elle est brutalement plongée dans le monde de la prostitution. Depuis, elle se débrouille. Sa naïveté, sa générosité et sa beauté lui permettent de survivre, malgré un «camion de haine dans son ventre ».

Elle raconte sa vie à Dipita, qui aime autant l’écouter que lui couper la parole pour continuer l’histoire lui-même. Dipita aime aussi son oncle et sa manière de vitupérer à longueur de journée les huiles de son pays, même si c’est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Dipita aime encore celles qu’il appelle « ses mères » ; elles participent à son éducation, aux commérages et aux réunions de l’AFP (association des filles des Pâquis) et elles accepteront de manière déconcertante que leur petit Dipita devienne comme ça.

Dans une langue haute en couleurs et inventive, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papier que les paradoxes et les souffrances d’un tout jeune homme noir et homosexuel.

Ouvrage disponible en poche : http://editionszoe.ch/livre/39-rue-de-berne-1

 

 

La Promesse de sa Phall'Excellence: extrait

Chapitre 1

Note de Mista AcaDa-Writa.

 

 

Si vous n’êtes pas d’accord avec la langue que je vais utiliser pour dire cette histoire, alors rejoignez-moi seulement ici à Élobi, à la terrasse du bar de Uncle Godblessyou.

 

Tout le monde dans le bidonville m’appelle Mista AcaDa-Writa, le Raconteur d’histoires.

 

C’est ma profession.

 

Chaque matin, alors que les rayons de soleil dansent depuis longtemps déjà sur le toit des maisons, moi je chantonne devant la glace. Le volume de mon afro doit être impeccable. Encore quelques coups de peigne. Je remets à leur place un, deux… quatre cheveux rebelles. Voooilà. Une boule spongieuse, cotonneuse, soyeuse. Un nimbe lumineux. Fine. Shine. Parfait ! Les carreaux beiges de mon pantalon enfilés, je ferme le dernier bouton de mon veston rose-tilapia. Du-dedans de mes pieds, je sens monter la fraîcheur de mes pompes bien lustrées ; je les ai à peine sorties du frigo.

 

Lorsque je suis enfin prêt, j’ouvre la fenêtre de ma chambre. Affolé, un moineau décampe. Dans son sillage, une fine poudre rose cristalline.

 

Le ciel est une vaste étendue de bleu monochrome. Là, dans ce p’tit-angle gauche, les arbres se dressent avec autorité. Allure distinguée, ils exhibent le velours vert-mousse et l’abondance de leur frondaison. Des fruits, des fleurs et des légumes pendouillent comme des bijoux fantaisie. À la hauteur du gros-angle droit, la rue Sans-Nom. Elle est bordée d’une pagaille de constructions en vrac. Plusieurs d’entre elles tiennent sur des béquilles. Celles-ci sont bancales. Celles-là sont brimbalantes. Les autres, bringuebancales. Seul le très animé bar de Uncle Godblessyou tient debout-debout. Quoique délavées, les façades ont conservé l’étrange éclat de leur jaune-citron, leur pourpre-hibiscus, leur bleu-pastel. De temps en temps, des p’tites traînées lumineuses jaillissent comme des étoiles filantes. Le rose de leur panache est fugace.

 

Enfin, là, tout au centre du tableau, deux gamins jouent à la devinette. Le premier, le cabri noir, demande à son ami le cabri albinos : « Qui-ce qu’est le plus grand, le plus fort et le plus gentil de tout Élobi et même de touuute notre Crevetterie ? » De mille gambades, le cabri albinos répond : « Sa Phall’Excellence Oyééé ! Sa Clith’Altesse Oyééé ! » Il est si heureux que deux p’tites ailes couleur miel lui poussent dans le dos. Une feuille de laitue entre les babines, le voilà qui s’envole avec émerveillement, telle une colombe.

 

Arrivé au bar de Uncle Godblessyou, je suis accueilli par Adouh-Ouhou, un rien de garçonnet du quartier dans un élan de joies. « Yayato Oh ! Yayato ! Bienvéni Oh, Mista AcaDa-Writa ! » qu’il se réjouit. Son sur-rire est tout blanc d’innocence. Pourtant, son crâne n’est déjà plus que tissu de plaies. Au moment où-ce que je dépose mon gros-genou droit au sol pour lui régaler une comptine, j’entends siffler derrière moi : « Nom d’un clitharicot ! » C’est Mami Mbôma, la grosse vipère cornue. « Badluck ! » qu’elle claque de sa langue fourchue. Elle fronce son gros-œil droit et son p’tit-œil gauche dans un V vif, agressif. « Regardez-moi cette phallan-chose qui se fait appeler Mista AcaDa-Writa ! Tu gaspilles tous tes morceaux de journées à raconter des histoires. Dans un bar ! Et c’est toi, tout toi comme ça-là qui veux causer avec mon neuf-mois ?  Écoute-moi bien : si tu laisses pas mon N’Adouh-Ouhou loin en-dehors de tes machins-trucs-chattes de rêves-là, alors tu verras si je te mordrai pas le phallanus. U don ya mi nor ? Compris ? » Mami Mbôma rajuste une mèche de son postiche blond ; ses cornes se dressent en spirales. Elle m’arrache son agneau de gosse dont les yeux ne me quittent pas. Tandis qu’elle s’éloigne, la queue enroulée en laisse sur le collet du p’tit, elle crache : « Mista AcaDa-Writa de ma bosse fessue jooor ! »