Vincenzo Todisco

Vincenzo Todisco est né en 1964 dans une famille d’immigrés italiens, à Stans, en Suisse allemande. Après des études de langue et de littérature françaises et italiennes, il vit aujourd’hui près de Coire où il enseigne et se consacre à l’écriture. Si ses premiers livres sont en italien, il a écrit L’Enfant lézard en allemand, sa « langue de tête ». Premier roman traduit en français, il a reçu le prix Pierre-François Cailler de la traduction 2021.

Benjamin Pécoud, traducteur de « L’Enfant lézard », lauréat du Prix Pierre-François Caillé de la traduction 2021

L'Enfant lézard (2020, domaine allemand)

L'Enfant lézard

Dans le pays d’accueil, il est d’abord un enfant qui n’a pas le droit d’être. Il vit caché sous le buffet, dans l’armoire ou au fond du cagibi. Les heures passent, les jours, les mois, l’enfant se métamorphose progressivement en lézard et se faufile dans la cage d’escalier. Bientôt il se glisse dans les appartements et le petit immeuble décati se mue en une galerie de portraits : il y a le couple de concierges, leur caniche noir et le Padrone qui d’une voix tonitruante impose sa loi ; mais aussi le vieux professeur, la violoniste qui perd doucement la tête, le gros Carlos. Et Emmy, bien sûr, la jeune voisine complice, qui finit par se sentir à l’étroit dans l’imaginaire de l’enfant lézard.

Par sa langue simple et précise, qui observe sans juger, ce roman saisit aussi l'esprit d'une époque, les années 1960-1970, dans un milieu ouvrier marqué par la dureté des politiques migratoires. "Nous avions appelé des bras, ce sont des hommes qui sont venus", disait Max Frisch.

LAURÉAT DU PRIX PIERRE-FRANÇOIS CAILLÉ DE LA TRADUCTION 2021