parution janvier 2019
ISBN 978-2-88927-619-6
nb de pages 112
format du livre 140x210 mm

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Gabriella Zalapì

Antonia. Journal 1965-1966

résumé

Antonia est mariée sans amour à un bourgeois de Palerme, elle étouffe. À la mort de sa grand-mère, elle reçoit des boîtes de documents, lettres et photographies, traces d’un passé au cosmopolitisme vertigineux. Deux ans durant, elle reconstruit le puzzle familial, d’un côté un grand-père juif qui a dû quitter Vienne, de l’autre une dynastie anglaise en Sicile. Dans son journal, Antonia rend compte de son enquête, mais aussi de son quotidien, ses journées-lignes. En retraçant les liens qui l’unissent à sa famille et en remontant dans ses souvenirs d’enfance, Antonia trouvera la force nécessaire pour réagir.

Roman sans appel d’une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies qui amplifient la puissante capacité d’évocation du texte.

biographie

Anglaise, italienne et suisse, Gabriella Zalapi a vécu à Palerme Genève, New York, habite aujourd’hui Paris. Ses longs séjours à Cuba et en Inde ont également été déterminants pour donner corps à l’une de ses préoccupations essentielles : comment une identité se construit ? Artiste plasticienne formée à la Haute école d’art et de design à Genève, Gabriella Zalapì puise son matériau dans sa propre histoire familiale. Elle reprend photographies, archives, souvenirs pour les agencer dans un jeu troublant entre histoire et fiction. Cette réappropriation du passé, qui s’incarnait jusqu’ici dans des dessins et des peintures, Gabriella la transpose à l’écrit pour ses deux romans, Antonia et Willibald.

Gabriella Zalapì est lauréate du Grand prix de l'héroïne 2019, décerné par "Madame Figaro", pour son premier roman, "Antonia".

Gabriella Zalapì est lauréate du prix Bibliomedia 2020 pour son premier roman "Antonia"

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Focus Littérature

"Ça n’est pas tant ce qu’elle dit que ce qu’elle tait qui fait le sel de ce livre. L’économie de mots contenus dans ce tout petit roman favorise très étonnamment l’expression des sentiments. (…) La plume est divine, à la fois légère et sombre."

Une chronique à lire en entier ici

L'OBS

"Quel livre étrange et fascinant ! (…) Avec ce premier roman à l’écriture blanche lacérée d’images tranchantes, Gabriella Zalapi s’inscrit dans la lignée de Marguerite Duras et Hélène Bessette, chantres des héroïnes invisibles." Élisabeth Philippe

LesEco.ma

"Dévoré et adoré, un premier roman très sensible, bien construit, qui raconte l’histoire de l’émancipation d’une femme dans la Sicile des années 60. «Antonia», de Gabriella Zalapi est un chant profond, intime, celui d’une femme qui veut sortir de son carcan bourgeois palermitain et qui, par la force de ses rêves et son obstination, va finir par y parvenir. Un texte inspirant." Stéphanie Gaou

Axelle Magazine

« [Antonia] rend compte dans son journal intime illustré de son enquête, mais aussi de son ennui quotidien, de ses « journées lignes » comme elle les appelle. Ses états d’âme sont consignés avec finesse et justesse par Gabriella Zalapì. Le texte est rythmé de photographies qui amplifient sa puissance et nous offrent des respirations dans cet univers familial suffocant. (…) » Fanny Declercq

La Plume au Vent

"Adulte, le contraste entre l’aridité mortifère de sa vie domestique, d’une part, l’exhumation d’un passé familial polyglotte et artistique d’autre part crée une tension que l’on croit d’abord spécifique à l’histoire d’Antonia. Puis, au fur et à mesure du récit, son personnage gagne en généralité : celle de ces années 1960 encore hantées par les drames de la première moitié du siècle mais portant déjà en germe les revendications féministes de la décennie suivante."

Moka - Au milieu des livres

"Femme libre avant l’heure, Antonia fait partie de ces héroïnes qui se jouent des destins tout tracés, des existences mornes et de l’amour blême. Les mots ainsi formulés, entre pudeur et violente prise de conscience, symboliseront alors la parole qui libère, la liberté qui s’acquiert, au-delà des conventions sociales d’un milieu qu’il faut fuir avant qu’il ne vous dévore."

Une chronique à lire en entier ici

Les Inrockuptibles

Dans la rubrique : « Les livres de l’année à offrir »

"Le premier roman de cette plasticienne est conçu comme une installation d’art contemporain (…). Un texte intense et beau qui revient sur les tragédies de l’histoire dans une forme très novatrice." Sylvie Tanette

"Pour lire tout au long de l’été" : la sélection du Temps

"Parmi les bijoux littéraires de 2019, il y a Antonia. Gabriella Zalapi écrit en peintre : elle choisit son cadre, détaille ce qui se tient à l’intérieur, laisse dans l’ombre le reste. Suite de moments ainsi placés en lumière, sortis du silence du temps, Antonia met au jour un lourd secret." Lisbeth Koutchoumoff

L'OBS

"Quel troublant et fascinant trompe-l’œil. Seule une artiste plasticienne pouvait l'exécuter avec une telle maîtrise, une telle finesse. Dans ce premier roman, (…) tout est faux et tout sonne juste, chaque page suggère de vertigineuses perspectives, même le blanc est éloquent. (…) On se doute bien que l’artiste Gabriella Zalapi, dont les origines sont à la fois anglaises, italiennes et helvétiques, a emprunté à sa propre histoire familiale, mais c’est la manière dont elle la métamorphose et la réinvente qui fait la force de ce roman, dont les photos sépia ajoutent à sa singulière mise en abyme. Le mentir-vrai cher à Aragon vaut pour « Antonia », beau livre d’une plasticienne, qui poursuit son travail visuel par écrit, et d’une femme combative, qui a hérité d’une lignée de révoltées. Bref, c’est une révélation." Jérôme Garcin

Ma collection de livres

"Gabriella Zalapi a non seulement fait un travail de généalogiste et d’historienne, mais [a] aussi admirablement illustré le combat d’une femme prête à tout pour se défaire de ses chaînes. Fort, violent et sans aucun doute jubilatoire."

Une chronique d’Henri-Charles Dahlem à lire en entier ici

Marie France

"Un journal d’une émouvante sincérité qui nous prouve que la force des mots peut permettre émancipation et libération." Bernard Babkine

Le Nouveau Magazine Littéraire

"Très beau texte, le premier roman de la plasticienne Gabriella Zalapi marche sur une crête séparant les feintes de la comédie sociale et la franchise des confidences de sa narratrice. (…) l’écriture de Gabriella Zalapi vise moins le féminisme qu'elle ne le manie comme une arme. (…) Strié de saillies percutantes contre toute une galerie de personnages, (…) le roman figure ces portraits en quelques mots incisifs. Les images (…) glanées on ne sait où, renforcent l’hyperréalisme du projet : une fiction fardée en document pour mieux divulguer les fictions sur lesquelles s’assoit la société patriarcale." Pierre-Édouard Peillon

La Revue des deux Mondes

"La violence est aiguë, l’écriture est concise, le silence est innombrable. En se plongeant dans son passé, saisie par des destins féminins, Antonia trouve la force d’avancer sur le chemin de l’affranchissement."

Un article de Marie-Laure Delorme à lire en entier ici

Des mots de minuit - Culturebox

"Récit d’une émancipation, le faux Journal d’Antonia est émaillé de photographies qui participent à la grâce de ce premier roman où rien n’est jamais asséné. Juste esquissé. Une vraie réussite."

Écouter la belle lecture d’Alexandra Lemasson ici

Viceversa Littérature

"La forme du journal transpose à merveille l’insoluble tension entre absence et présence du passé dans l’immédiateté du présent: toute la réalité, jusqu’à l’énonciation, est incertaine."

Un article d’Aurélien Maignant à lire en entier ici

RFI

Gabriella Zalapi était l’invitée culture de Catherine Fruchon-Toussaint sur RFI. Une émission à réécouter ici

LCI

"C’est un des petits miracles de ce métier. Un grand coup de cœur. C’est d’une très grande justesse, très beau, fort, on se fait avoir par la mélodie qui s’installe tout de suite. Le papier est beau, l’impression remarquable. Les photos servent le récit de manière admirable. Tout le monde va adorer ce bouquin, je crois que c’est le début d’une grande aventure."

Réécouter le coup de cœur de Stanislas Rigot (Librairie Lamartine) ici

Le Quotidien (Luxembourg)

"Vrai faux journal rédigé sur près de deux ans, fait de fragments ponctués par des photographies sépia usées, Antonia. Journal 1965-1966 brille de l'écriture de Gabriella Zalapì, toute en douceur et venin, en sensibilité et violence." Serge Bressan

En attendant Nadeau

"Avec finesse, Gabriella Zalapì utilise la langue, la diction et le vocabulaire pour souligner les rapports de classe, les violences qu’ils portent en eux, les représentations du monde et les histoires souterraines qu’ils révèlent. (…) [Elle] parvient à faire non seulement d’Antonia le journal de l’émancipation d’une femme à l’égard de sa classe sociale, de son histoire familiale et de son sexe, mais aussi un récit d’enfance parmi les plus délicats."

Un article de Jeanne Bacharach à lire en entier ici

L'Echo Magazine

"Jouant de l’histoire comme de la fiction, le bovarysme d’Antonia, Journal 1965-1966, ne tire pas à la ligne. Sécheresse et précision dans le choix des mots : on n’y larmoie pas. Antonia semble échappée d’un moyen-métrage oublié d’un émule féminin d’Antonioni. Perspectives et recherches plastiques. Frustration existentielle et moments de grâce. (…) Qu’est-ce qu’une identité ? A quoi tient-elle ? Le rôle de nos ancêtres ? Ces questions sont en filigrane de ce premier ouvrage remarquable qui est simultanément un plaisir et une expérience de lecture. Une nouvelle voix de la littérature romande est née. Singulière. Et cet adjectif n’est ici en rien usurpé."  Thibaut Kaeser  

Le Monde

"La splendeur statique [des] photographies ouvre des interrogations jamais appuyées sur ce que disent ou cachent les images et les souvenirs, en même temps qu’elle semble répondre au talent de l’auteure pour créer ces autres images que sont les métaphores. Des figures de style dont la forme du journal, courte et fragmentaire, renforce la puissance en les préservant de toute pesanteur. (…) Mêler l’écrit et la photo (…) permet de naviguer « entre le direct et l’indirect » (…). Tout en réaffirmant l’extraordinaire pouvoir plastique de la littérature."

Un article de Raphaëlle Leyris à lire en entier ici

Le matricule des anges

"Autant de drames racontés avec force dans ce portrait qui s'interroge aussi sur la puissance de l'écrit : « Écrire ne m'aide plus. Je ressasse, je me complais dans un malheur ». Dans ce premier roman, Gabriella Zalapi conduit son personnage à délaisser l'écriture égoïste, une étape indispensable mais insuffisante pour s'ouvrir au monde. Elle brosse la saga d'un clan figé, de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle, et relie l'intime d'un individu brimé au fracas de la Grande Histoire."  Franck Mannoni

Libre Belgique

"Antonia se confie [à son journal] en toute sincérité (on n’écrit ce type de cahiers que pour soi), en toute vérité. À travers ces pages d’une écriture raffinée et dense, se dessine la figure d’une jeune femme prise au piège d’un mariage qui n’en est pas un.

De lettres en photos qui "fourmillent de vie" (leur reproduction accrédite l’authenticité de ce faux journal intime), le lecteur pénètre à la suite d’Antonia (qui s’interroge : a-t-elle le droit d’ouvrir ces cartons ?) au cœur d’une troublante intimité. (…)

Gabriella Zalapì signe un premier roman résolument féministe, empreint d’une rare intensité. Sa concision décuple la force de cette trajectoire de libération ancrée dans l’Italie des années soixante. Un texte intimiste qui, par le jeu de miroirs qu’il instaure, pose en creux la question du chemin réellement parcouru depuis."

Un article de Geneviève Simon à lire en entier ici

Télérama

"Attention, la réalité va sauter aux yeux, des mots aiguilles vont administrer leur vérité, des photographies de famille vont crier leurs mensonges. Une romancière est née, Gabriella Zalapì, artiste plasticienne jusqu’à présent, portée par une nouvelle expérience de création : le faux journal illustré, tissé de mille matières, bile, lames de rasoir, voilages, antidépresseurs, savon à barbe, sel de mer et chou-fleur. Le tout pour dénoncer en finesse un scandale sexiste qui a assez duré, enduré ici par une trentenaire sicilienne en voie de pré-bovarysme, bousillée depuis l’enfance par trop de malveillances.

[Antonia] écrit dans son journal, à coups de haïkus implacables, plantant sa plume dans le papier comme une pique à escargots acérée. Tant de précision dans le crachat de venin, tant de concision dans le soupir viscéral prouvent que le salut est proche. (…) Avec ce livre sensible et décapant, Gabriella Zalapì lui prépare le terrain de la renaissance, pour qu’elle puisse marcher sans plus jamais trébucher. Elle et toutes les autres."

Un article de Marine Landrot à lire en entier ici

Libération

"Un très joli premier roman, écrit avec une grâce et une douceur qui contrastent avec la violence des mots et des sentiments, et illustré au fil du texte de photos d’époque qui, sur des pages couleur sépia, donnent une vraie réalité au propos." Alexandra Schwartzbrod

L'Humanité

"Le Journal d'Antonia (…) vaut d'abord par la finesse et la justesse du détail, et une composition libre, abandonnée à l'émotion, accablement, regret, curiosité, espoir. L'écriture est au service du constat clinique de cette réalité quasi carcérale. Les formules ont la précision sans appel du scalpel, qu'elles diagnostiquent les petites capitulations quotidiennes de la narratrice ou décrivent la violence policée qui lui coupe toute retraite : « perfect house wife » et rien d'autre. C'est aussi la chronique, cruellement précise, d'une condition, d'une époque, qu'on a du mal à croire si proche de la nôtre. Gabriella Zalapi a puisé dans l'histoire de sa famille les matériaux de cette fiction qui capte d'emblée le lecteur. (…) Un premier roman très maîtrisé, où l'empathie ne noie pas le propos, où l'émotion ne submerge pas le raffinement."

Un article de Alain Nicolas à lire en entier ici

Générations

"Assemblées comme un puzzle baroque et solitaire, photos sépia et correspondances désuètes livrent [à Antonia] une double réalité, celle de la vie cosmopolite de l’Europe au xxe siècle, et l’évidence que son existence personnelle est un gâchis. Dans une atmosphère qui n’est pas sans évoquer le cinéma italien des grandes années, Antonia note — tantôt avec violence, tantôt avec perplexité — tout ce que cette « enquête » involontaire lui inspire, et ce faisant se libère peu à peu d’un milieu qui l’étouffe. Mais pour aller vers quoi ? L’observation de cette mue est consignée dans un journal dont Gabriella Zalapì, une artiste plasticienne suisse d’origine anglo-italienne, nourrit son premier roman. Un texte bref et parfois dur, qui tel une soierie déchirée laisse voir aussi bien de sublimes reflets moirés que des bords éraillés, impossibles à suturer… Magnifique." Joëlle Brack

Elle (Belgique)

"Ce journal, très beau, est le récit d’une enquête, d’une réflexion, d’une émancipation." Alice Herman et Aurélie Cauchie

France Culture

Gabriella Zalapi était l'invitée de Marie Richeux dans "Par les temps qui courent". Une émission à réécouter ici

TV5 Monde

Gabriella Zalapi, invitée sur le plateau de TV5 Monde. Une émission à revoir ici

France Culture

"Un très joli roman écrit avec une grâce et une douceur qui forment un contraste saisissant avec la dureté des propos. (…) Un journal qui se transforme en enquête avec ici ou là des photos d’époque, qui sur des pages couleur sépia donnent une vraie réalité au propos." Alexandra Schwartzbrod

Une émission à réécouter ici

Les Inrocks

"C'est une installation d'art contemporain autant qu'un roman.

Zalapi construit son texte autour de photos de famille en noir et blanc, reproduites dans le livre. Un dispositif littéraire troublant, au service d'une écriture maîtrisée, pour dresser un très beau portrait de femme. (…)

Le procédé permet à Zalapi de tenir son texte en évitant la banale reconstitution historique, mais aussi de ménager des non-dits et d'effectuer des allers-retours entre un passé mythique et la vie quotidienne empesée d'Antonia. A la bourgeoisie sicilienne traditionnelle du milieu des années 1960, elle oppose une histoire cosmopolite et vagabonde, où une femme empêchée de vivre et de s'exprimer va puiser la force de se retrouver." Sylvie Tanette

Tribune de Genève

"Comme son personnage Antonia, la romancière a fait l’expérience des archives à trier. Elle sait ce que c’est que d’essayer de relier entre elles des lettres, de faire parler des documents intimes, de tenter de remplir les blancs laissés par ceux qui se sont tus. (…)

« Pour moi, ce témoignage doit rester bref et concentré», explique Gabriella. «La part de mystère laissée au lecteur est comme les fragments de toile nue que je laisse sur mes tableaux»."

Un article de benjamin chaix à lire en entier ici

Matin Dimanche

"Ce récit par petites touches avance au rythme nerveux des désillusions d’Antonia et de l’incompréhension médiocre qui l’entoure. Gabriella Zalapi recourt à une écriture précise, nourrie de détails sur les lieux et les personnes, mais réduite au maximum : « C’est pour laisser la place à l’imaginaire du lecteur qui peut reconstituer les manques et se raconter sa propre histoire. » (…) On savoure la découverte de cette écriture dont l’économie parvient de manière paradoxale à dresser un portrait extrêmement incarné, nuancé, du personnage d’Antonia et des siens, mais aussi des lieux." Jean-Jacques Roth

Le Temps

"Antonia. Journal 1965-1966, premier roman de Gabriella Zalapì, s’ouvre sur une photo. (…) Graphique, dynamique, l’image saisit un moment de bascule. A la regarder, la respiration se coupe: envol vers la liberté ou catastrophe? (…)

L’idée de restituer cette histoire d’émancipation par la forme d’un journal explique pour beaucoup la force d’envoûtement de ce roman court. (...) Les entrées du journal placent le lecteur aux premières loges, dans les yeux d’Antonia, sous sa peau. Ces brèves vignettes qu’Antonia choisit d’écrire sur le papier sont mises en lumière, très subjectives, comme une succession de moments de vie suspendus dans le silence, celui de l’introspection, du sommeil, du rêve ou de la banalité, celle qui ne mérite pas d’être inscrite dans un journal. Et c’est précisément dans ces silences que le lecteur écrit son propre livre à partir des combats d’Antonia. Dans le triangle auteur-personnage-lecteur, Gabriella Zalapì sait se faire oublier."

LK : Comment sort-on de l’expérience de se mettre dans la peau d’Antonia?

GZ : Elle continue de me poser des questions. Je ne sais pas combien de femmes sont capables de prendre comme elle sa liberté à bras-le-corps. Comment a-t-elle réussi à sortir de son enfermement, c’est ce qui m’a porté pendant l’écriture. Antonia est une somme de paradoxes et d’oxymores, un vrai cocktail Molotov.

Une interview de Gabriella Zalapi par Lisbeth Koutchoumoff à lire en entier ici

L'Express

"Récit intime et très vivant, Antonia brosse le touchant portrait d'une femme paralysée qui implose : "Les autres confirment le monde à coups de talons. A coups de poignées de main. A coups d'enjambées confiantes. A coups de sourires efficaces. Moi, j'hésite. Je danse d'un pied à l'autre, sans m'arrêter. Je doute, confuse, incapable de donner des explications claires, des réponses rationnelles. Je m'empêtre dans mon vocabulaire Je m'arrête soudain, à la recherche d'un mot, celui qui m'échappe."

"Le temps qui passe ressemble à du mercure", écrit Gabriella Zalapi avec le tranchant et l'énergie du désespoir qui fait le sel de ce livre triste et charmant. (…)"

Un article d’Estelle Lenartowicz à lire entier ici

Le Courrier

"C’est dans un style sec, aiguisé comme une lame, que Gabriella Zalapi détaille au jour le jour, ou presque, ce quotidien délétère (…). Un premier roman percutant, où la forme du journal tient d’un subtil art du montage – entre textes et images, strates temporelles, fiction et documentaire -, qui laisse aussi au lecteur des plages de silence et de liberté."

Un article d’Anne Pitteloud à lire en entier ici

RTS un

"C’est une histoire très romanesque, écrite de façon incroyable, d’une pureté folle, chaque mot est pesé. Une fois le livre commencé, on ne le lâche plus."

Gabriella Zalapi était l’invitée de Julie Evard sur le plateau du 12h45. A revoir ici

Radio lac

"La sensibilité se compose avec des rythmes, des parties très fines et subtiles, des choses très brusques qui donnent à penser qu’on pourrait passer les doigts sur le texte et sentir des choses aussi. C’est fascinant. Un tour de maître !" 

Ecouter l'analyse de Joëlle Brack en entier ici 

France Culture

"Une écriture blanche, assez simple mais lacérée de formules extrêmement tranchantes, de phrases très violentes et très belles. On est tenu par cette langue." Elisabeth Philippe

"Les sensations physiques peuvent être ressenties par le lecteur. La place de l’écriture comme moyen d’émancipation n’est pas du tout appuyée, mais fait partie de cette possibilité de continuer à vivre" Arnaud Laporte

"J’ai beaucoup aimé ce  Mrs Dalloway en Italie. Dans ce faux journal, même la liste de ce que mange Antonia devient un poème." Laurent Nunez

Ecouter "La Dispute" en entier ici

France Inter

"Pour moi la merveille absolue de cette rentrée littéraire est Antonia de Gabriella Zalapi. On est à la fois à Marienbad et dans Le Guépard. C’est admirable !"

Michel Crépu parle de son coup de cœur pour Antonia dans « le Masque et la plume ». Une émission à réécouter ici

Sud Ouest

"Gabriella Zalapi ne s'avance sur ce terrain miné de la mémoire, des exils, des identités flottantes, que l'air de rien, d'une écriture blanche, follement élégante, qui n'insiste jamais sur aucun déterminisme.

Chaque personnage garde, au fil de ces fragments de réel qui le découvrent, une nécessaire ambiguïté. Une dizaine de photographies en noir et blanc, disséminées dans le livre, fournissent à ce journal moins une légende ou un commentaire qu'un contrepoint douloureusement rêveur. Ce journal d'hier nous parle d'avant-hier. Ces mondes sont tous engloutis aujourd'hui. Restent la mémoire, la rage, la tristesse, la bourgeoisie et les femmes. Leur liberté à conquérir." Olivier Mony 

L'Alsace

"Gabriella Zalapi raconte une bouleversante émancipation féminine à travers ce sidérant vrai-faux journal (arbre généalogique et photos « d’époque » inclus)."

Lire l'article en entier ici 

Chien de lisard (blog)

"Périr d'ennui à Palerme, est-ce possible ? C'est ce qu'affirme la voix qui s'élève de ce roman, une voix blanche de colère. Celle d'une jeune femme des années 1960 vivant dans la société huppée de Palerme, narratrice du livre de Gabriella Zalapi: Antonia. (…)

Le projet de la narratrice n'est pas de broder un joli carnet intime, ni d'offrir le spectacle complaisant d'une femme de la bonne société, mais de faire éclater l'inertie d'un milieu qui la brime.

Dans cette voix nouée, se mêlent les accents de Palerme, cadre du récit, de Vienne, ville d'origine de la branche maternelle de la famille d'Antonia, de Londres où se réfugièrent ses parents, pour fuir l'antisémitisme nazi. Ceux de Genève et Paris, où elle grandit et souffre. Comment s'émanciper d'un monde figé, comment s'extraire d'un roncier d'égoïsmes, s'arracher aux griffes d'une mère hostile, de grands parents tout à leurs obsessions, des mœurs sautillantes de la jet set, telle est la question que se pose Antonia depuis son adolescence. C'est ce qui fait la matière de ce premier roman édité en Suisse, incisif et cruel, construit comme une enquête policière, éclairé de façon troublante par des photographies de famille qui lui offrent une allure de fiction documentaire. (…)

En termes de fiction, Antonia s'écarte des codes de la saga familiale par l'absence de sentimentalisme : de Palerme à Vienne, le grand monde d'Antonia a un cœur de pierre. Oui, la jeune femme passe pour un monstre moral, version féminine de l'Etranger. Il n'est pas jusqu'à l'absence de séduction littéraire manifeste, dans ce livre acéré, qui ne participe à cette cassure que la narratrice s'emploie à approfondir. (…)"

Un article de Daniel Morvan à lire en entier ici

Livres Hebdo

"Gabriella Zalapi consigne avec finesse les états d’âme d’une fille apparemment gâtée dans une époque et un lieu encore figés dans le temps. Mais derrière la dépression d’une femme qui rêve de couper sa corde, le roman dévoile le destin d’une famille austro-britannico-sicilienne dont les déchirures épousent les chaos de l’Europe de la première moitié du XXe siècle. (…)

C’est à travers les lettres et les photos conservées par Nonna dont elle vient d’hériter qu’Antonia va partir  sur les traces de ce passé marqué par l’exil, entre Vienne, Nassau, Londres, Kitzbühel et Palerme.  Devant un étonnant cliché de famille qui la représente petite fille - reproduit comme une dizaine d’autres tout au long du journal -, Antonia, à la recherche de son identité, note, étonnée par la justesse de la photo : « Contrairement aux autres, elle ne représente pas une figure qui pose, mais un mouvement. J’y figure presque en pleine chute. Déjà en déséquilibre. »"  Véronique Rossignol  

 

La Baignoire d'Archimède

"Mots et images dialoguent superbement dans ce faux journal intime, mais vrai roman de l'émancipation féminine d'une jeune femme au bord de l'implosion."

Rive gauche

Antonia ou le combat d'une femme contre le sexisme, la violence familiale et sociale. Une histoire d'émancipation restituée avec force. Envoûtant.

Lucioles

"Ici chaque mot étreint. Du cloaque conjugal à la possible libération, la partition est jouée sans une once de maniérisme. C’est au fond l’histoire de l’émergence d’une femme contemporaine, enfermée pour un temps dans le carcan du monde d’hier." Michel

L'Utopie

"Chaque mot compte, l'écriture sobre est splendide, l'hymne à la liberté déchirant. Un petit bijou !"

Maupetit

« Plongé dans une vie terne et sans espoir, Antonia reprend le fil du passé familial alors qu’elle trie documents, lettres et photographies reçues à la mort de sa grand-mère. Les souvenirs de son enfance vont lui permettre de se redresser et vivre, tout simplement… Un magnifique premier roman à lire absolument ! » 

Théâtre du Rond-Point

Roman/journal d'une prise de conscience, de risque... Un très beau livre !
A lire

Le Failler

"L'écriture élégante et délicate de Gabriella Zalapì illumine les heures sombres d'Antonia." Bénédicte

 

Le Divan

"Un roman en forme de faux journal intime, qui dit l'impuissance et la rage d'une femme corsetée par son milieu, ses origines, son mariage. Belle surprise, grand coup de cœur !" Lucie

Sauramps

"Un récit touchant, qui m’a totalement happée. C’est une très belle découverte." Pauline

Librairie du Canal

« Véritable prouesse littéraire où "presque" tout est fictif, Antonia est avant tout un subtil portrait de femme se libérant du matriarcat, dans l'Italie des années 1960. Une œuvre d'art... d'utilité publique ! » Simon

Librairie de Paris

« Un premier roman saisissant et sensible, dont la force évocatrice subsiste longtemps après la lecture. » Anne

Fnac Italie

« Parfois glaçant, ce récit sous la forme du journal intime va vous happer et vous entraîner dans une quête de sens et d'émancipation. La question est : ne reproduisons nous pas éternellement le même parcours que nos parents ? À découvrir. »
Hélène

Millepages

« Un portrait de femme d’une beauté envoûtante qui retrace avec force et émotion le long et difficile combat pour l’émancipation féminine dans les années 60 » Brindha

Nordest

"Journal de la renaissance d'une femme, qui, en relisant son passé et celui de sa famille, comprend qu'elle doit quitter sa vie actuelle : son mariage étriqué et sans amour, ainsi que les conventions bourgeoises du Palerme des années 60."

Au moulin des lettres

"On saisit pleinement, malgré la brièveté du texte, la souffrance, la façon dont se débat cette jeune femme et l'urgence de sa quête. (…) Superbe !"

Le comptoir des lettres

« Douze mois décisifs, un petit texte brillant : une description frappante de l'ascension émotionnelle d'Antonia ; l'illustration d'une classe et d'une Europe en mutation. » Clémence

Le 5e art

« C’est beau et révoltant! » Sophie

L'Astragale

"Un petit bijou. Juste, beau." Mélanie

Mollat

« Vrai-faux journal qui aurait pu s'appeler aussi L'éveil, Antonia est une pépite pour commencer l'année en beauté ! » Sylvie

La Vie devant soi

Un texte à l'attachement immédiat !

"Sous forme de journal auquel se mêlent des archives photographiques, Antonia jeune épouse dans l'Italie bourgeois des années 60, va découvrir SA liberté. Un grand roman féministe, une fulgurance, un attachement total et immédiat à l’héroïne et à l’ambiance sèche et irradiante de ce texte, une langue simple mais juste, beaucoup d'émotions vous attraperont à la lecture de ce roman bref mais à l'intensité brûlante." Charlotte

Librairie polonaise

« Avec ce journal intime fictif, Gabriella Zalapì marche dans les pas de Goliarda Sapienza, et elle le fait avec beaucoup de talent » Manon

Arbre à lettres Bastille

"c'est très beau, on pense à Henry James ou Edith Wharton, tant c'est fin, parfois ironique, parfois empreint d'une violence à peine voilée, (et tant son monde n'a pas l'air d'avoir évolué depuis un demi siècle si ce n'est plus). C'est presque atemporel." Christophe

L'Arbre à mots

"Un premier roman profondément touchant, beau, féministe. (...) grand coup de cœur de la rentrée littéraire de janvier 2019. Merci aux Editions Zoé et à Gabriella Zalapì pour cette pépite littéraire rare et précieuse." Valérie

La Vie devant soi

« Un grand roman féministe, une fulgurance (…), un roman bref mais à l’intensité brûlante. » Charlotte

Les Grandes Largeurs

"Ce texte est tout simplement sublime. Il n'y a pas un seul mot qui sonne faux, pas un seul mot en trop." Emilie

 

Allemand

Éditeur: Rotpunkt Verlag
Année: 2019

Willibald (2022)

Willibald

Depuis l'adolescence Mara est habitée par un tableau suspendu dans le salon de son H.L.M. Willibald, qui a acheté cette toile dans les années 1920, la hante toute autant. Lorsqu'il fuit Vienne en 1938, il n'emporte que ce Sacrifice d'Abraham, soigneusement plié dans sa valise. Entrepreneur et collectionneur juif, il refait sa vie au Brésil, loin des siens. Lors d'un séjour en Toscane chez sa mère Antonia, Mara déchiffre les lettres de Willibald qu'elle retrouve dans un hangar. Elle observe les photos, assaille de questions Antonia, "qui sait mais ne sait pas".

Antonia. Journal 1965-1966: extrait

21 février 1965

Ce matin, lorsque j’ai ouvert les yeux, j’étais incapable de bouger. Mon corps semblait s’être dissout dans les draps et baignait dans une sueur toxique. Ce n’est qu’en entendant la gouvernante - Nurse comme elle désire être nommée - que j’ai sauté du lit. Elle était sur le pas de la porte avec Arturo. Où allez-vous ? « Nous allons à l’école, of course » a-t-elle dit de son petit air choqué. Elle m’a pratiquement claqué la porte au nez. Puis je me suis souvenue qu’hier soir au dîner, j’avais promis à mon fils de l’emmener en classe ce matin. J’ai eu honte. 

 

3 mars 1965

Je perds mes cheveux. J’ai des migraines. Je grossis à vue d’œil et ne rentre plus dans mes habits. J’ai pris une nouvelle habitude : dès que Franco part travailler, j’étends des draps noirs sur les miroirs.

Hier il m’a reproché de ne pas savoir donner des ordres aux domestiques. D’être trop gentille avec eux. Il y avait du mépris dans sa voix. En disant trop gentille, il a bien décomposé les syllabes et des bulles de salive s’accumulaient sur les côtés de sa langue qui roulait. Il persiste à appeler Maria « la bonne ».

 

4 mars 1965

Nurse m’épie l’air de rien avec sa tenue d’infirmière. Elle comprend ce qui se passe. Je m’en rends compte et ça m’insupporte chaque jour un peu plus. J’aurais dû la faire partir dès le début. C’est elle qui m’a interdit d’allaiter Arturo et de le garder près de moi la nuit. Elle a pris trop de place entre lui et moi, avec son chignon parfait, sa peau lisse, sa petite moustache drue, ses règlements, ses yeux bleu glace.

 

12 avril 1965

Rendez-vous ce matin à 9h au cabinet du notaire Via Cavour avec Oncle Ben. Nous avons finalement résolu les derniers petits conflits liés au testament de Nonna.

Tout s’est passé dans le calme. J’étais anesthésiée. J’ai hérité de ce qui revenait à Papa : une importante somme d’argent, la moitié des meubles de Villa Clara (où vais-je les mettre ?) et les six appartements de Florence (une entrée d’argent mensuelle). Cette affaire qui a traîné si longtemps est finalement close. Je suis heureuse de savoir que jamais je ne dépendrai financièrement de Franco.

Chez le notaire j’ai réalisé que cinq ans se sont écoulés depuis la disparition de Nonna. Pourtant je me surprends encore, quand le téléphone sonne, à croire, à espérer entendre sa voix. Et cette sidération qui suit. Cette déception.

Quand est-ce que je reverrai Oncle Ben ? À l’aéroport, j’ai mesuré à sa démarche combien il a vieilli. Lui rendre visite à Londres absolument.

 

30 avril 1965

Dîner à la maison avec Valentina, Felice, Matilde et époux.

Menu :

Timbalines de macaronis à la sauge

Filets de soles à la Diplomate

Petits pains de foie-gras à l’aspic

Salade Jockey-Club

Mousse aux abricots

Ces dîners mondains sont une manière de faire diversion aux interminables tête à tête avec Franco. Je ne serai plus seule avec cette bouche qui mastique bruyamment. Avec cette tête qui se penche si bas sur l’assiette qu’elle pourrait se décrocher et se noyer dans le gaspacho. Ce soir, pas de « Quoi, qu’est-ce que tu as dit ? »

 

5 mai 1965

Je suis allée récupérer les cartons de Nonna. Franco a fait la grimace en constatant que j’ai condamné une pièce de la maison pour les entreposer. Oncle Ben m’a dit avant de partir que je ne trouverais rien là-dedans. « Il n’y a que de vieilles lettres dans ces boîtes, de vieilles photos. » Je les soupçonne de contenir des trésors. Le déménageur, que j’ai heureusement croisé dans l’entrée, m’a appris que le reste des meubles sera livré mercredi. Il a rendez-vous au cabinet de Franco à 11 heures pour y déposer deux bibliothèques et un bureau. Ensuite, ils iront ensemble chez les parents de Franco pour y laisser d’autres choses (le déménageur n’a pas su me préciser quoi). In fine ils viendront ici. Cette répartition est exclue. Franco a organisé un pillage.

 

10 mai 1965

Franco avec son dos de prêtre m’exaspère. Je n’en peux plus :      

            de ses petits gestes maniaques lorsqu’il plie ses habits

            de sa manie de se moucher bruyamment avant de se coucher

            de ses affreux pyjamas rayés, cadeaux de sa mère

            de ses crachats sonores lorsqu’il se lave les dents

            de son corps blanc et flasque

Avant, pour l’éviter, j’invoquais une excuse en m’éclipsant de la chambre, maintenant je ne dis plus rien. La répétition a engendré un silence complice. Je sors et vais m’asseoir au pied du lit d’Arturo qui dort comme un petit ange. Dans la pénombre, son visage et son souffle m’apaisent. Lorsque je quitte Arturo, cette sorcière de Nurse ouvre immanquablement la porte et me demande d’une voix basse et pourtant aiguë « Est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ? »

J’ai repensé à ce mot, « Nurse ». Je réalise qu’il contribue à mon sentiment de vivre avec une étrangère. Elle reste impénétrable. Qui est cette Frieda ? Oui, elle a de la famille dans le Nord de l’Angleterre ; oui, elle aime la musique classique ; oui, elle suit un régime très strict ; oui, elle va à la messe tous les matins. Franco dit  « Qu’elle fasse son métier, c’est tout ce qu’on lui demande. » Il l’a recrutée via une agence très réputée de gouvernantes professionnelles et elle exerce ce métier depuis trente ans. Et alors ? Je rate des occasions d’aimer mon fils.

A faire :

            Aller chez le coiffeur

            Acheter les médicaments pour Arturo

            Commander du champagne

            Lampe