parution novembre 2019
ISBN 978-2-88927-721-6
nb de pages 112
format du livre 105 x 165 mm

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José-Flore Tappy

Hangars

résumé

Dans ce texte lumineux sur le désir et la peur d’aimer, sur le trouble et l’exploration de territoires obscurs, la pudeur le dispute à la puissance d’évocation. José-Flore Tappy donne matière à l’intériorité. Elle trouve le mot incisif pour dire la subtilité des émotions, la violence des sentiments. Plutôt que de réduire la complexité des choses, elle l’éclaire.

Avant-propos de Philippe Jaccottet

biographie

José-Flore Tappy vit à Lausanne où elle est née. Elle a publié plusieurs recueils poétiques dont Terre battue (Empreintes, 1995), Lunaires (La Dogana, 2001) et Trás-os-Montes (La Dogana, 2018, prix suisse de littérature 2019), ainsi que des traductions de poètes latino-américains.

Journal des Poètes

"José-Flore Tappy est une poète habitée par une profonde méditation sur les mouvements du sentiment et du destin humains. Son écriture incisive propose un éclairage cru de la complexité du monde et de l’être. Jaccottet souligne la rareté de cette œuvre dont la parole ne surgit que d’une absolue et urgente nécessité. Poète du combat existentiel, Tappy se méfie du lyrisme facile. Cette écriture architecturée et souvent visionnaire se dresse contre la mort, le délitement, l’angoisse, la nuit, l’absurde, le découragement, la perte. Le poème est une trace lumineuse dans le noir même d’où il surgit :

Dans le vif de la nuit / tu troubles / l’eau dormante du granit / y plonges la main // pour chercher / l’accalmie // longues / les lignes de vie / sous les nœuds de la pierre

Au sein d’une littérature suisse romande qui comporte beaucoup d’œuvres poétiques contemporaines d’une extrême qualité, José-Flore Tappy s’impose comme l’une de ces voix qui comptent par leur force et leur probité d’écriture." Eric Brogniet

L'Intranquille N°18

"L’art particulier de José-Flore est de savoir parler du VENT. Qui serait au bout du compte le bruit du vide. Une explication au titre « Hangars », lieu justement à tous vents. Je n’ai pas souvenir de poète ayant autant de qualité pour dire l’indicible : l’air se mouvant."

Un article de Françoise Favretto à lire en entier ici

Libération

"«Un énoncé qui aurait la force de la pierre, la sécheresse de l'os, le tranchant du fer.» La formule est de Philippe Jaccottet (…).
Et c'est vrai : la langue de José-Flore Tappy séduit par son économie de moyen et le ton quasiment minéral qu'elle emprunte, illustré par les titres de ses trois différentes parties : «Limailles», «Élémentaires» et «Gravier». Ce n'est pourtant pas (seulement) de pierres dont il est question ici, mais de désir, de sensualité et de manque." Guillaume Lecaplain

Le blog de Francis Richard

"Comme le dit Philippe Jaccottet dans son avant-propos, la poétesse, âprement, retourne la peur en combativité..."
Une chronique de Francis Richard à lire en entier ici

Le matricule des anges

Limaille, Élémentaires, Gravier, voici rassemblés les trois ensembles qui composent la présente édition de Hangars. Trois titres dont le dénominateur commun serait de qualifier la matière poétique emblématique de cette œuvre mais aussi bien ses motifs récurrents sans cesse ici présents. Paysages où telle bâtisse apparaît « livrée au vide », et « terre froide » ces lieux où le néant gagne, d’emblée la parole s’avère dotée d’une singulière énergie. (…) La description récurrente de la désolation de ces paysages et de leur austérité invite à saisir ce que ceux-ci recèlent d’éléments essentiels à notre vision, et c’est là une quête tâtonnante dans un monde d’obscurcissement, appelant donc notre attention. (…)

Ces images dépeignent avec force le travail d’alchimiste auquel José-Flore Tappy se livre, comparant à un chantier et à ses décombres ce que l’écrivaine parvient à « tenir à distance » et à « laver à grande eau ». L’essentiel tient donc à ce rythme qui d’un mot à l’autre maintient la mesure d’un vers ici suffisamment éloquent sans l’être trop. Feu ou cendre, eau dormante ou clapotis, là encore « un silence / qui bat », et ce qui s’apaise, se stabilise, n’empêche pas de chercher toujours « l’équilibre dans le déséquilibre ».  Emmanuelle Rodrigues

DailyPassions!

"On a le sentiment que chaque poème participe de la création d’une personne (absente et/ou présente) et de manière un peu floue comme pour nous laisser décider de ce qu’il montre et dans le même temps ce que dit le poème est d’une précision clinique. Laissez-vous porter !" Noé Gaillard 

Le Temps

"Hangars avait paru en 2006 chez Empreintes, le voici réédité en poche chez Zoé avec un avant-propos de Philippe Jaccottet, dans lequel ce dernier loue la voix de José-Flore Tappy: « Un énoncé qui aurait la force de la pierre, la sécheresse de l’os, le tranchant du fer. » On ne peut que souscrire à cette vision, tant il se dégage de résistance obstinée de ces textes qui avancent par touches précises mais délicates, revendiquent la fragilité et l’incertitude. Les mots y sont comme des galets qui permettent de passer un torrent à gué.

Les poèmes de José-Flore Tappy créent des paysages, ruines et petites usines désaffectées à la tombée du jour. D’emblée, plus d’abris où se protéger, il faut errer sur les routes, sans un langage sûr dans lequel habiter; démuni, mais avec un espoir rivé au corps."

Un article de Julien Burri à lire en entier ici

extrait

Sur l’abîme

la bâtisse penche

livrée au vide

 

instable

avec son ancre d'herbes

on dirait  qu' elle s'enfonce

prend l'eau

 

désormais sans défense

contre la nuit qui monte