parution février 2022
ISBN 978-2-88927-980-7
nb de pages 176
format du livre 105x165 mm

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Marie Gaulis

Le Royaume des oiseaux

résumé

En quatre portraits, Marie Gaulis esquisse le destin de deux couples qui se succèdent dans un vieux château savoyard, aussi superbe que décati, aussi coûteux qu’empreint d’une grâce surannée. Sur un siècle, elle raconte, fine et douce observatrice, la fin d’un mode de vie et l’acceptation réjouie d’une renaissance dans un monde contemporain, plus compliqué, mais plus vivant.

biographie

Spécialiste de la Grèce moderne, traductrice de Karaghiozis, Marie Gaulis (1965-2019) est l'auteure de plusieurs romans. Son écriture est ample et précise, souvent empreinte de mélancolie mais aussi d’audace.

Espace

"Le fantôme léger de cette histoire d’enfances et de souvenirs voit, de l’autre monde, la fin du « château » de sa famille, ruinée… Marie, qui adorait ce lieu en perdition, l’évoque avec nostalgie : un bijou de poésie et d’humour triste !"

L'Echo Magazine

"Le Royaume des oiseaux exhale un bouquet de fragrances liant le chrysanthème au lilas avec, en sus, un mélange de poussière et d'air printanier. Un parfum de désuétude et de délicatesse l'enrobe. La fragrance poétique d'un monde perdu. Tant de finesse parmi les ombres et les éclats de présences disparues, pourtant éternelles... Un roman magnifique à (re)découvrir en format poche." Thibaut Kaeser

Les Blogs (Tribune de Genève)

"Marie Gaulis raconte avec une douce fermeté ce qui reste de ce monde disparu dont elle-même est une trace. Ses analyses précises font contrepoint à son style souple et ample; ses intuitions poétiques complètent son regard d’anthropologue. Et, sans avoir l’air d’y toucher, elle fait la critique du monde moderne qui sacrifie tout «à ses affaires de plus en plus lucratives» auquel elle oppose «la permanence ancienne et chaque jour rafraîchie des buis, des houx, des hêtres et du lierre»."

Un article d’Anne Brécart à lire ici

Terre et Nature

"Dans ce roman, l'écriture est d'une beauté simple et envoûtante. Une narratrice fait le portrait de quatre de ses ancêtres déjà décédés. Elle leur donne la parole et les laisse raconter, à la première personne, leur vie dans un château en Savoie. (…) Cette demeure existe réellement : elle appartenait aux aïeux de l'auteure, Marie Gaulis. Sa détérioration, comme décrite dans le récit, jusqu'à sa vente, représente bien l'évolution des sociétés." Cléa Mouraux

La Promesse de l'aube

"Tout se déroule sur les ruines du château familiale en Haute Savoie. Quatre fantômes de différentes générations vont venir nous chuchoter leurs souvenirs à l'oreille. Un livre très émouvant sur les liens familiaux, les souvenirs et l'importance des lieux sur le travail de mémoire.Un roman délicat et sensible." Amélie

 

Carnets ferroviaires. Nouvelles transeuropéennes

Que ce soit de Lausanne à Paris, de Vienne à Genève ou de Glasgow à Londres, chacun des treize auteurs de ce recueil situe son histoire à bord d’un train qui parcourt l’Europe. À l’occasion d’un long trajet en chemin de fer, l’une se souvient de son voyage dix ans plus tôt, elle traque la différence entre son être d’hier et d’aujourd’hui. Un autre se remémore la géniale arnaque dont il a été l’auteur, un troisième retrace l’incroyable hold-up ferroviaire du South West Gang dans l’Angleterre de 1963.

Ces nouvelles donnent une vue d’ensemble inédite sur la manière de concevoir l’Europe comme espace physique et symbolique. Les auteurs étant de générations très diverses, le lecteur appréciera les différentes manières d’appréhender notre monde proche et de s’y situer.

Nouvelles de Aude Seigne, Blaise Hofmann, Anne-Sophie Subilia, Gemma Salem, Bruno Pellegrino, Arthur Brügger, Daniel Vuataz, Marie Gaulis, Fanny Wobmann, Catherine Lovey, Julie Guinand, Guy Poitry, Yves Rosset.

Préface de Daniel Maggetti, postface de François Cherix

Le Royaume des oiseaux

Disponible en poche

En faisant parler Max le patriarche débonnaire et Mary sa femme américaine, puis Joson le grand-père voyageur et Dora la bien-aimée grand-mère, Marie Gaulis raconte le lieu aimé de l’enfance, une terre savoyarde à la fois réelle et rêvée. Dans le château familial, la peinture s’écaille, les canalisations gèlent, les cheminées fument, les guerres passent. Tandis que les aïeux, désormais âmes légères comme des oiseaux, se confient, honnêtes, la narratrice se souvient, réfléchit et se console. Dans Le Royaume des oiseaux, Marie Gaulis saisit la place que prennent parfois malgré nous les légendes et les rituels ancestraux et les confronte à la nature si sensuelle et à la vie d’aujourd’hui.

 

Laudatio pour le prix des Charmettes 2016 :

« Le Royaume des oiseaux de Marie Gaulis ne se raconte pas. Il se vit, écrit Sabine Faulmeyer sur le site littérature-romande.net. Elle a raison. A travers l’évocation d’un lieu bien précis et au gré de ce que lui en livrent les différents personnages de ce roman, ce sont autant d’horizons spatio-temporels et socio-culturels qui s’ouvrent au lecteur. Or c’est de l’au-delà que proviennent les voix des personnages. Ainsi suspendues hors de temps, elles livrent leurs considérations, leurs sentiments ou autres impressions que leur inspire la vie menée dans ce château savoyard, épicentre du livre. Par la qualité de son style, par la richesse de son vocabulaire, par le rythme de son phrasé, Marie Gaulis invite son lecteur à la suivre dans cet univers dont la géométrie varie selon celle de tous les autres qui s’y côtoient, s’y rencontrent sinon s’y confrontent. »

Hélène Richard-Favre

Ecrivain, membre du jury du Prix des Charmettes-J.-J. Rousseau

Le Rêve des Naturels

 

Après la belle enquête sur la mort de son père au Liban, sur le fil entre fiction et reportage (Lauriers amers, Zoé 2010), Marie Gaulis nous livre un nouveau texte au statut troublant. Rêverie, méditation, réflexion ou fiction, il s’agit en tout cas de l’exposé d’une tristesse anthropologique, du constat d’un paradis perdu, du rêve d’un état encore sauvage. Rousseau n’est pas loin, mais la narratrice est bien une femme du XXIe siècle, lucide, curieuse et joueuse, vivant dans le monde hybride d’aujourd’hui. A travers marches, rencontres et lectures, elle évoque les Aborigènes d’Australie, ces Naturels dont le mode de vie millénaire a basculé au moment de leur rencontre avec les Européens.

Attentive à tout, au paysage qui l’entoure, à la brutalité de la nature comme à l’agitation de la ville, aux pulsations de son corps comme aux échappées de son imagination, la narratrice développe un état de réceptivité qui se creuse et s’affine, permettant à la fois d’exprimer ses propres rêves d’une sauvagerie perdue et d’accepter l’imperfection du monde dans lequel elle vit.

 

Marie Gaulis vit à la Chaux-de-Fonds et à Sydney. Ecrivain, elle a publié plusieurs recueils de prose et de poèmes (Editions de l’Aire et Métropolis). Traductrice, elle a adapté Karaghiozis et le château des fantômes, théâtre d’ombres grec, pour Les Classiques du Monde (Zoé). Le Rêve des Naturels est son deuxième livre chez Zoé après Lauriers amers.

Lauriers amers

Ce  récit est une quête et une enquête, un retour personnel et historique sur le passé. Marie Gaulis est née en 1965 d’une mère française et d’un père genevois. Son père, Louis Gaulis, écrivain, est mort en 1978 à Tyr, au Liban, lors d’une mission qu’il effectuait pour le Comité international de la Croix-Rouge, dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées.

Qui, sur l’ordre de qui, a tiré sur la voiture du CICR au crépuscule alors que Louis Gaulis rejoignait sa base ? Trente ans après, Marie Gaulis est retournée au Liban, s’est rendue sur le lieu exact de l’accident, a cherché minutieusement des témoins, les a interrogés. Non pas pour construire un tombeau à son père, mais pour le retrouver au-delà des communiqués officiels et des rapports d’experts. Et pour renouer les liens avec une histoire, un pays et une décennie qui continuent de peser sur le présent. Sans oublier que morts et  vivants cohabitent dans les ruines de Tyr, entre les bouquets de lauriers-roses.

Le Royaume des oiseaux: extrait

"Mais je devais tenir bon au milieu d’une vie réglée par d’immuables rituels qui me paraissaient arbitraires et, à l’intérieur de ce cadre, s’écoulant sans véritable but. Je me suis vite rendu compte que l’étrange suspension du temps qui régnait au château m’absorberait si je me laissais aller, comme tout le monde finissait par le faire, mari, cuisinière, jardinier, puis les enfants eux-mêmes, indisciplinés et indolents, impatients, avec quelque chose, au fond, que je n’arrivais pas à comprendre, une sorte de résistance passive et obstinée, que Max considérait comme une inaptitude familiale : "Nous ne sommes pas faits pour ce monde avide", me disait-il souvent, quand les factures, que je payais, continuaient de s’accumuler ou que les tuyaux éclataient sous le gel ou qu’un désaccord l’opposait au maire, au notaire, au médecin (qu’il ne fréquentait pas, mais c’était pour la rougeole ou la varicelle d’un des enfants). Il regimbait quand le monde ne le laissait pas vaquer à ses inoffensives occupations."