parution janvier 2024
ISBN 978-2-88907-318-4
nb de pages 176
format du livre 140x210 mm

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Yael Inokai

Une simple intervention

Traduit de l'allemand par Camille Logoz

résumé

Meret est infirmière dans un grand hôpital. Le docteur l’a recrutée pour son sens de l’empathie. Elle soulage les gens de leur douleur, et grâce à une intervention d’un nouveau genre, leur offre une vie meilleure. Jusqu’au jour où une patiente ne se réveille pas. Sarah, dont Meret tombe amoureuse, confirme ses premiers doutes envers l’opération. Et quand on fait comprendre à Meret qu’on pourrait l’aider, elle aussi, à revenir sur le droit chemin de l’amour, c’est toute sa vision du monde qui bascule.
Un roman d’une profonde douceur tendu d’un bout à l’autre. Comme si sous la surface lisse, des eaux vives n’attendaient qu’une fissure pour déferler. Une histoire d’émancipation, qui est aussi l'histoire d'un amour intense.

biographie

Yael Inokai, née en 1989 à Bâle, vit à Berlin. Pour ce troisième roman, elle a reçu les prix Anna Seghers 2022 et Clemens-Brentano 2023. Les rapports de pouvoir sont au coeur de tous ses romans. Une simple intervention est son premier livre traduit en français.

vendredi 8 mars 2024 12h00

Camille Logoz au Salon du livre de Genève

"Face à la langue", animé par Max Lobe.
Scène suisse, Palexpo, Route François-Peyrot 30, 1218 Le Grand Saconnex
 

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La Liberté

"Au-delà de la thématique fascinante du roman, la psychiatrie, et de l’intrigue amoureuse incandescente qui se développe entre Meret et Sarah, c’est bien là, dans l’apparente étrangeté des tournures, dans les dissonances envoûtantes et dans le mystère qui enveloppe certains aspects du texte que se situe l’intérêt de l’ouvrage.

En laissant plusieurs questions ouvertes, Inokai octroie au livre une nervosité littéraire, une tension qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. L’importance donnée à tout ce qui est lié à la sensibilité tactile et à la perception des sons et des odeurs contribue à la construction de cette écriture à fleur de peau." Stéphane Maffli

Le Figaro

"Les mots de Yael Inokai semblent en suspension. Ils s’échappent, timides, fragiles. Meret tait ses secrets de peur de sentir son cœur battre trop fort. Elle dit le silence, l’absence, sa sœur Bibi, « qui est partie »...
Le présent volatile la rassure mais Meret est pleine de fantômes comme sa voisine qui disparaît au crépuscule. Ensemble, les deux femmes reprennent corps. Elles font du vélo, elles achètent une plante, elles se tiennent la main. Peut-on réparer un cœur blessé comme un cerveau fatigué ? La nuit est un rêve, jusqu’au jour où la « simple intervention » de Marianne ne se déroule pas comme prévu. Subsiste une tendre colère, teintée d’une douce peine, dans ses pages d’une grande poésie." Alice Develey

Aline a lu (blog)

"Le premier roman publié en France de l’autrice suisse Yael Inokai est l’un des plus originaux et puissants de cette rentrée. (…) Yael Inokai possède un véritable talent pour capter les détails, raconter avec acuité de menus faits et gestes du quotidien qui prennent parfois une importance symbolique. Avec une économie de moyens et un art consommé du dialogue, le roman saisit l’éveil d’une conscience et la capacité agissante des personnages à travers le portrait lumineux d’une héroïne complexe."

Une chronique d’Aline Sirba à lire ici

L'Echo Magazine

"Yael Inokai signe un roman délicat où, pour une fois, une infirmière joue le rôle principal. A égalité avec la découverte de l’amour et la remise en question de pratiques médicales douteuses.

(…)

La Bâloise Yael Inokai brouille les pistes sans s’embarrasser d’explications par trop scientifiques. Sa plume aime le givre encadrant une fenêtre, la chaleur d’une chambre. Elle l’embrume de mots simples et pudiques pour dire les sentiments, les hésitations, les doutes. Elle accompagne l’éveil de Meret avec la sûreté d’un long hiver où le feu couve. Sa langue n’est pas éruptive, mais soucieuse de ses personnages. Marianne, Meret, Sarah, quelques silhouettes secondaires : il n’en faut pas plus pour dessiner un chemin libérateur."

La Gruyère

"Née à Bâle en 1989, installée à Berlin, Yael Inokai a reçu les prix Anna-Seghers 2022 et Clemens-Brentano 2023 pour Une simple intervention, son troisième roman, le premier traduit en français. Et c’est vrai qu’il a de quoi séduire, avec sa fausse douceur, sa puissance toute en retenue, son étrangeté et son histoire d’amour. (…)
Avec habileté, Yael Inokai évoque aussi l’enfance de son héroïne, ses propres troubles, sa relation avec son père et avec sa sœur. Au final, ce roman plus complexe qu’il en a l’air avance dans une forme d’incertitude fascinante, en misant sur la suggestion et le non-dit." Éric Bulliard

Le Monde

"Dans son troisième roman, Yael Inokai utilise une langue directe, précise, pleine de nuances. La finesse des observations et les dialogues bien menés font de ce roman un livre lumineux et prenant." Pierre Deshusses

AOC

"Meret est infirmière auprès d’un chirurgien qui prétend guérir les femmes de leurs angoisses et fragilités. L’une de ces « simples interventions » ne se passe pas comme prévu, les certitudes de Meret s’ébranlent, en même temps que son amour pour Sarah s’intensifie. Ce troisième roman de Yael Inokai, écrivaine née à Bâle, est le premier traduit en français, par Camille Logoz. Un roman sous le signe, entre autres, de Violette Leduc, Marie NDiaye, Toni Morrison, et dont la douceur accroît la tension."

A lire ici

Daily Passions

"Meret, Sarah et Marianne, une patiente particulière, sont d’une grande justesse. Je veux dire qu’on les découvre vivre et penser comme des individus, des personnes que l’on croiserait dans la rue."

Une chronique de Noé Gaillard à lire ici

Longtemps

"Un texte court et fort, au travers d'un personnage de femme que l'on verra évoluer jusqu'au climax. On y parle de soin, d'amours et de violence. Une petite pépite!" Sarah

Dialogues

"Un dystopie où "une simple intervention" permet aux patients de se libérer de leurs émotions... Jusqu'au jour où une patiente ne se réveille pas et met en doute toutes les perspectives de Meret. Heureusement, elle reprendra pied dans son petit foyer, un cocon pour s'émanciper et aimer." Nolwenn B.

L'Astragale

"Meret, jeune infirmière, s’éveille à la réalité d’un monde qui maintien les femmes dans les cordes, sous contrôle. Ce roman est le récit d’une émancipation, d’une fuite amoureuse, d’une prise de conscience… il s’étoffe, prend de l’ampleur pour nous mener vers l’échappée belle finale. Yael Inokai nous enveloppe dans une bulle feutrée, chaude, délicate, entre chiennes et louves…"

Le comptoir des lettres

"Un IMMENSE coup de cœur pour un livre brillamment écrit et construit. Comment un livre si court peut-il être si fouillé, et l'intrigue nous emmener si loin en prenant tout son temps. Une lecture grisante, étourdissante, où se laisser mener par le bout du nez par l'art de la suggestion et les réflexions poétiques et intelligentes que l'autrice met dans la bouche de ses personnages. On peut tirer sur les fils et dérouler des tas de pensées et de réflexions, ou se laisser aller et profiter de l'écriture. Incroyable de maîtrise."

Le Grain des Mots

"Un texte à la fois très doux et tranchant qui raconte comment l'on peut s'aveugler pour une bonne cause. Le jeu humain de regarder un peu ailleurs pour renforcer notre sentiment de participer à une bonne cause. Yael Inokai raconte l'histoire d'une infirmière qui prend soin des patientes dont il faut s'occuper très rapidement pour leur offrir une vie meilleure. Meret assiste le programme de lobotomie. On assiste à un monde qui chavire, aux convictions qui s'ébranlent et à une passion naissante. Intense et juste."

Payot Cornavin

"Faire un pas de côté et vivre libre!" Christine Grivel

Une simple intervention: extrait

Octobre, le temps des fantômes. Je me revois jeune femme dans le miroir. Dans mon regard, de la conviction. Sans un soupçon de doute. J’ai la vingtaine et j’ai compris le monde.
Plus tard, quand j’en saurais davantage, je regretterais cette époque. Ma certitude m’avait protégée.
J’étais infirmière dans une clinique où se pratiquait un nouveau genre d’intervention. Ces interventions avaient pour but de délivrer des personnes de leurs troubles psychiques, pour qu’elles ressortent avec un nouvel avenir, un véritable avenir, pas juste une existence qui piétine.
Je me retenais à cet espoir. Parce qu’à la clinique, la règle était plutôt le désespoir. Il nous arrivait souvent d’être à bout de ressources. À bout de ressources, une autre infirmière n’aurait jamais dit ça. Après tout, nous étions là jusqu’à la fin, et même au-delà. Mais ce constat ouvrait chaque fois pour moi un gouffre.
Pendant l’intervention, j’étais celle qui assistait le docteur. Il dirigeait ses instruments vers les zones atteintes du cerveau, et les neutralisait. Les femmes et les hommes restaient conscients. Nous nous assurions ainsi de ne pas toucher à ce qui était en bonne santé. Je les occupais et leur enlevais leur peur. J’appelais ça la compassion: la compassion, c’est mon terrain, quelque chose que je maîtrise bien.
C’était une intervention toute simple. Les suites pouvaient être douloureuses, mais c’était passager. Et quelque chose de nouveau commençait. C’est ce qu’on m’avait appris. Je m’y raccrochais.