parution janvier 1994
ISBN 978-2-88182-217-7
nb de pages 96
format du livre 105 x 150 mm
prix 7.00 CHF

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Corinna Bille

Emerentia

Postface de Marek de Courten

résumé

Emerentia 1713 fait partie d'un diptyque, Deux Passions, dernier ouvrage paru du vivant de l'auteur (1912-1979). L'histoire raconte le drame de la petite Emerentia, une enfant maltraitée parce qu'elle est soupçonnée de sorcellerie. Contrebalançant cette sombre destinée éclate la magique nature du Valais, d'une fraîcheur et d'une sauvagerie antédiluviennes que la plume de Corinna Bille semble être la seule à pouvoir évoquer avec autant de ferveur.

Ouvrage disponible en poche : https://www.editionszoe.ch/livre/deux-passions

biographie

Corinna Bille (1912-1979), romancière et auteur de nouvelles proches du fantastique, excelle dans les fictions courtes. Elle a reçu en 1975 la Bourse Goncourt de la nouvelle pour La Demoiselle sauvage. Dans un monde cartésien, informatisé, son œuvre propose un retour aux sources et une quête de l’unité primordiale.

jeudi 23 février 2023 12h30

Lecture dans le noir de "Emerentia" de S.Corinna Bille au Palais de Rumine (Lausanne)

Palais de Rumine, Place de la Riponne 6, 1005 Lausanne

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Deux passions (2022, Zoé poche)

Deux passions

Une fillette accusée de sorcellerie parce que fascinée par la nature et sa magie dans le Valais de l'Ancien Régime (Emerentia 1713); l'amour d'une jeune paysanne et de "Monsieur", le riche peintre dont elle s'occupe des enfants (Virginia, 1891): dans ces deux passions, l'une tragique, l'autre heureuse, la sensualité est confrontée à la culpabilité chrétienne. Elle pulse dans ces pages parmi les plus émouvante de S.Corinna Bille.

Préface de Jérôme Meizoz

Théoda (2022, Zoé poche)

Théoda

Avec l'émerveillement propre à l'enfance, Marceline raconte la vie d'un village paysan entre plaine et montagne; et comment, en épousant son frère aîné, Théoda est entrée dans la petite communauté.
Théoda la fascinante, la vivante, Théoda la dangereuse aussi, qui, à l'insu de tous sauf de la fillette, en aime un autre. Jusqu'au drame.

Préface de Pierre-François Mettan
 

Emerentia (2016, Zoé poche)

Emerentia

Emerentia 1713 fait partie d'un diptyque, Deux Passions, dernier ouvrage paru du vivant de Corinna Bille. Après une édition en Minizoé, le texte ressort cette fois-ci au format Zoé poche. Dans un Valais féodal qui semble tout droit sorti du Nom de la rose d’Umberto Eco, la petite Emerentia, jeune aristocrate née d’une mère obscure, est confiée à un curé. Son amour de la nature et son imagination font vite passer la fillette pour une sorcière, et son tuteur use des pires châtiments pour tenter de redresser ce caractère peu conforme aux dogmes catholiques. Au point de causer la mort de l’enfant. En contrepoint de cette sombre destinée, Corinna Bille dépeint une nature belle et pure, plus propice au merveilleux qu’à la sorcellerie, mais crainte et méconnue des hommes.

Ouvrage disponible dans une nouvelle édition: https://www.editionszoe.ch/livre/deux-passions

Jours fastes. Correspondance 1942-1979 (2016, domaine français)

Jours fastes. Correspondance 1942-1979

Cette correspondance est un document d’histoire littéraire de premier plan. Il fournit d’une part de précieuses informations sur la vie des années 1940 à 1975 en Suisse romande, et suscite d’autre part réflexion en matière de littérature, notamment sur le lien entre cette « province française qui n’en est pas une » (Ramuz) et ce qui se joue à Paris. Il soulève enfin des questions culturelles à plus large échelle, d’ordre économique et social. Nous avons là ce que les historiens appellent des « archives de la vie privée ». Apprenant par exemple le choix de Corinna Bille de vivre seule, en 1944, à Lausanne pour la naissance du premier enfant alors qu’elle est toujours mariée ailleurs, le lecteur découvre comment une femme démunie peut rester coquette et suivre les conférences savantes de Charles Albert Cingria sur la musique médiévale ; puis, mère au foyer de trois enfants en Valais, région de tradition très catholique, comment elle parvient à se ménager une fenêtre dans sa journée pour écrire. Les différends entre les deux époux au sujet de l’alimentation et de l’éducation sont d’autres éléments aussi passionnants.

Elle, Corinna, rêve d’une « chambre à soi » (selon l’expression de Virginia Woolf) mais aussi de voyages lointains. Lui, Maurice, toujours sur la route, passe de périodes de grande vitalité à des moments d’abattement et de mélancolie. La lettre devient une méditation qui lui permet de s’expliquer. Ce qui frappe, c’est la continuité et la longévité dans l’attachement.

A l’interface de la vie privée et publique, le genre de la correspondance se lit autant comme un documentaire que comme une fiction romanesque, en tout cas pour ce qui est de cette exceptionnelle saga conjugale.

 

Rose de nuit ou le sursis

Ainsi cette amoureuse au nom de fleur détourné obtient avant que la mort ne vienne tout sceller un «sursis» : une errance qui lui permet de refaire le voyage, de regarder une dernière fois autour d’elle, de retrouver des visages et des gestes, d’embrasser la beauté saugrenue du monde et surtout de porter encore un peu sa douleur informulée, inavouée, en somme de rassembler son être meurtri avant d’être cette morte parfaite aux mains croisées, un chapelet entre les doigts.

L’œuvre de S. Corinna Bille (1912-1979) est aussi envoûtante que salubre : il n’y a pas de temps mort.

Préface de Doris Jakubec